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Potager & verger · · 5 min de lecture

Cul noir de la tomate : causes et solutions qui marchent

Cul noir de la tomate, que faire ? Pourquoi cette tache noire apparaît (ce n'est pas une maladie), comment l'arrêter par l'arrosage et sauver le reste de la récolte.

Tomates mûres sur pied au potager, certaines touchées par le cul noir

L’été de notre deuxième récolte, j’ai cru perdre la moitié de mes tomates. Une tache brune et molle apparaissait sous chaque fruit, surtout sur les Roma. J’ai paniqué, cherché un traitement, parlé de maladie. En réalité, ce cul noir n’avait rien d’une maladie — et une fois la cause comprise, je l’ai stoppé en une dizaine de jours. Voici quoi faire.

Le cul noir de la tomate, qu’est-ce que c’est ?

Le cul noir — son vrai nom est nécrose apicale — se reconnaît à une tache brune à noire, légèrement en creux, située à l’extrémité du fruit opposée à la queue (le « cul » de la tomate). La zone devient sèche, comme du cuir.

Premier point essentiel : ce n’est pas une maladie. Ce n’est ni un champignon, ni un virus, et ce n’est pas contagieux. Inutile donc de sortir un fongicide ou de la bouillie bordelaise : ça ne sert à rien ici. C’est un trouble physiologique, lié à la façon dont la plante nourrit ses fruits.

Pourquoi mes tomates ont une tache noire dessous ?

La cause directe, c’est un mauvais acheminement du calcium vers l’extrémité du fruit. Et contrairement à ce qu’on lit partout, ce n’est presque jamais un vrai manque de calcium dans le sol : c’est que la plante n’arrive pas à le transporter, faute d’un arrosage régulier.

Les facteurs qui déclenchent le cul noir :

  • Un arrosage irrégulier : c’est la cause numéro un. L’alternance entre sol desséché et sol détrempé empêche la circulation du calcium. C’était mon erreur — j’arrosais beaucoup, mais en à-coups.
  • Les fortes chaleurs : sous serre en pleine canicule, la plante transpire et délaisse les fruits.
  • Un excès d’azote : un engrais trop riche pousse le feuillage au détriment de l’équilibre du fruit.
  • Les variétés allongées (Roma, olivettes) y sont nettement plus sensibles que les rondes.

Récolte de tomates variées du potager dans un bol

Cul noir de la tomate, que faire ?

La bonne nouvelle : une fois la cause corrigée, les fruits suivants poussent sains. Voici ce qui a marché chez moi.

  • Arrosez régulièrement et au pied. C’est 90 % de la solution. Mieux vaut un arrosage copieux tous les 2-3 jours qu’un petit coup quotidien ou un gros à-coup hebdomadaire. La régularité prime sur la quantité.
  • Paillez le pied. Une couche de paille ou de tonte sèche garde le sol frais et stabilise l’humidité entre deux arrosages — ça change tout en été.
  • Levez le pied sur l’azote. Si vous fertilisez, évitez les engrais trop riches en azote pendant la fructification.
  • Retirez les fruits déjà touchés. Ils ne guériront pas. En les enlevant, vous soulagez la plante qui concentre ses ressources sur les fruits sains.

Pas besoin de doucher vos plants de lait ou de coquilles d’œufs pilées : si l’arrosage est régulier, le calcium déjà présent dans le sol suffit.

Et les tomates touchées, on les jette ?

Pas forcément. Une tomate avec un petit cul noir reste comestible : il suffit de couper la partie abîmée. Je les passe en sauce ou en coulis sans hésiter. Et pour les fruits qui n’auront pas le temps de rougir en fin de saison, j’ai d’autres astuces pour faire mûrir les tomates encore vertes.

Côté entretien général, une plante bien conduite résiste mieux : aérer les pieds en gérant les gourmands aide aussi la circulation de la sève, comme je l’explique à propos de la taille des gourmands.

En résumé

  • Le cul noir = nécrose apicale, un trouble physiologique, pas une maladie (aucun traitement fongique).
  • Cause = calcium mal transporté, à cause d’un arrosage irrégulier.
  • La solution : arroser régulièrement au pied + pailler, et lever le pied sur l’azote.
  • Les fruits suivants seront sains ; les tomates touchées se mangent une fois la tache retirée.
M

Maëlle

Installée dans le Finistère depuis 2019, je partage ici les joies (et les galères) d'une vie entre vieilles pierres et potager. Ancien monde, nouvelles racines.