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Potager & verger · · 6 min de lecture

Tailler les tomates : faut-il vraiment supprimer les gourmands ?

Tailler les tomates et leurs gourmands : faut-il vraiment le faire ? Quand tailler, quand s'abstenir selon la variété, et comment pincer sans affaiblir la plante.

Jardinière s'occupant de ses plants de tomates sous serre

« Tu tailles tes tomates ? » C’est la question qui divise les jardiniers, et chez nous les voisins ne sont pas d’accord. Après trois ans à observer mes pieds avec et sans taille, j’ai une réponse plus nuancée que le « oui » ou le « non » qu’on lit partout : ça dépend de la variété. Voici comment tailler les tomates et leurs gourmands sans se tromper.

C’est quoi, un gourmand ?

Un gourmand, c’est cette jeune pousse qui apparaît à l’aisselle de la plante, entre la tige principale et une branche. Laissé libre, il devient une nouvelle tige, avec ses propres feuilles et ses propres fruits. La question de la taille, c’est : faut-il le supprimer, ou le laisser ?

Le vrai critère : la variété de tomate

C’est là que le débat se tranche. Tout dépend du type de croissance :

  • Tomates indéterminées (à croissance continue, qu’on palisse : cœur de bœuf, Marmande, la plupart des grosses tomates). Là, on taille généralement : on conduit la plante sur 1 ou 2 tiges en supprimant les gourmands. Résultat : des fruits plus gros, une meilleure aération, et une maturation plus rapide — précieux sous notre climat breton aux étés courts.
  • Tomates déterminées (port buissonnant, compactes) et beaucoup de tomates-cerises : on ne taille pas. Ces plantes fructifient sur leurs ramifications ; les tailler reviendrait à se priver d’une bonne partie de la récolte.

Mon raccourci : grosse tomate palissée → je taille ; tomate-cerise ou variété buissonnante → je laisse faire.

Pourquoi tailler aide (en climat breton)

Sur mes grosses tomates sous serre, supprimer les gourmands a un vrai intérêt :

  • Plus d’air entre les feuilles = moins d’humidité stagnante = moins de mildiou, notre ennemi numéro un ici.
  • Maturation plus rapide : la plante concentre son énergie sur moins de fruits, qui rougissent avant les premières fraîcheurs.
  • Des fruits plus gros et réguliers.

Plants de tomates palissés sur des tuteurs au jardin

Comment pincer les gourmands correctement

Le geste est simple, mais il y a des règles :

  • Pincez-les jeunes, à 2-5 cm, entre le pouce et l’index. Plus c’est petit, mieux ça cicatrise.
  • Par temps sec, le matin : la plaie sèche dans la journée et limite les maladies.
  • Si le gourmand est déjà gros, coupez au sécateur propre plutôt que d’arracher.

Inutile de tout enlever d’un coup : je fais le tour des pieds une fois par semaine, c’est suffisant.

Effeuillage et étêtage : les gestes de fin de saison

Deux compléments utiles quand l’été décline :

  • L’effeuillage : en fin de saison, je retire quelques feuilles du bas pour aérer le pied et exposer les grappes. Mais sans déshabiller la plante — les feuilles nourrissent les fruits, on n’en enlève pas trop.
  • L’étêtage : fin août, je pince la tête des pieds indéterminés. La plante arrête de grandir et concentre tout sur la maturation des fruits déjà formés, avant les gelées. C’est aussi à ce moment que mes astuces pour faire mûrir les tomates vertes prennent le relais.

Alors, faut-il tailler ?

Ma conclusion après trois ans : tailler n’est pas obligatoire, mais sous climat court et en serre, sur les grosses variétés, ça aide nettement. Sur les cerises et les variétés buissonnantes, c’est du travail en plus pour rien. Adaptez à ce que vous cultivez, plutôt que de suivre une règle unique — comme pour bien d’autres légumes capricieux, des carottes qui fourchent à l’oïdium des courgettes.

En résumé

  • Gourmand = pousse à l’aisselle, entre tige et branche.
  • Grosses tomates palissées → tailler (fruits + gros, moins de mildiou, mûrit plus vite).
  • Cerises et variétés buissonnantes → ne pas tailler.
  • Pincer jeune, par temps sec ; effeuiller le bas et étêter en fin de saison.
M

Maëlle

Installée dans le Finistère depuis 2019, je partage ici les joies (et les galères) d'une vie entre vieilles pierres et potager. Ancien monde, nouvelles racines.