Fosse septique et assainissement non collectif : ce qu'on a dû apprendre à la campagne
Ni tout-à-l'égout ni fosse aux normes à notre arrivée : ce qu'on a appris sur l'assainissement non collectif en s'installant dans notre longère bretonne.
Fosse septique et assainissement non collectif : ce qu’on a dû apprendre à la campagne
Quand on a signé pour la longère en 2019, on savait qu’il n’y avait pas de tout-à-l’égout à Lezavarn : comme beaucoup de hameaux isolés, on dépend d’un assainissement non collectif (ANC), autrement dit une fosse septique. Ce qu’on ne savait pas, c’est tout ce que ça implique en entretien, en contrôle et en budget. Voici ce qu’on a appris, sans filtre.
Ce qu’on a trouvé en arrivant
La fosse existante datait des années 1980, une simple fosse septique toutes eaux qui n’avait jamais été mise aux normes actuelles. Le premier contrôle du SPANC (Service Public d’Assainissement Non Collectif) de la commune, obligatoire à l’achat, a confirmé ce qu’on redoutait : installation non conforme, épandage à revoir. On a eu quatre ans pour se mettre en règle, ce qui nous a laissé le temps de nous renseigner sérieusement plutôt que de paniquer.
Comprendre le système avant de le refaire
Une fosse toutes eaux collecte les eaux usées de toute la maison (WC, cuisine, salle de bain) et fait une première décantation. L’eau qui en sort n’est pas traitée : elle doit ensuite passer par un système d’épandage (tranchées filtrantes ou lit filtrant selon la nature du sol) qui termine l’épuration avant infiltration ou rejet. Sur notre terrain argilo-limoneux, une étude de sol a montré que l’infiltration directe ne suffisait pas : on est partis sur un filtre à sable vertical drainé, plus cher à l’installation mais adapté à notre type de terrain.
Le coût, sans enjoliver
Entre l’étude de sol obligatoire, la fosse toutes eaux de 3 000 litres, le filtre à sable et la main-d’œuvre, la facture a dépassé 9 000 €, avec une petite aide de l’Agence de l’eau qui a réduit la note d’environ 3 000 €. On a comparé plusieurs devis dans la région, et les écarts entre entreprises étaient parfois du simple au double pour une prestation équivalente. Pour élargir la réflexion sur ce type de poste de dépense, des ressources comme sos-vidange27.fr peuvent aider à prendre du recul sur les questions d’entretien et de budget qui accompagnent une installation d’assainissement individuel.
L’entretien qu’on ne peut pas éviter
Une fosse toutes eaux se vidange tous les quatre ans en moyenne (la fréquence exacte dépend du volume de boues, mesuré lors du contrôle du SPANC). On a eu la surprise, la première fois, de découvrir le prix d’une vidange par camion hydrocureur : autour de 250 à 350 € selon la distance et le volume. Depuis, on note la date dans notre calendrier d’entretien, au même titre que le changement des cartouches du circuit d’eau de pluie ou le renouvellement de notre lessive maison : ce sont les tâches qu’on oublie facilement parce qu’elles sont invisibles, jusqu’au jour où elles ne le sont plus.
À lire aussi : L’eau de pluie filtrée pour le ménage : notre installation et usages quotidiens
Ce qu’on conseillerait à quelqu’un qui s’installe
Avant de signer pour une maison à la campagne, demander le dernier rapport du SPANC n’est pas une option : c’est aussi important que le diagnostic électrique. Une installation non conforme n’empêche pas l’achat, mais elle a un coût réel à anticiper dans le budget des premières années, pas dans celui du confort. Notre guide sur l’achat d’une maison à la campagne revient plus en détail sur ce genre de point qu’on découvre souvent trop tard, une fois les clés en main.
À lire aussi : Acheter à la campagne en Bretagne : le guide qu’on aurait voulu lire avant
Cinq ans après notre installation, la fosse fonctionne sans souci et l’entretien est devenu une routine comme une autre. Ce qui nous a le plus marqués, c’est à quel point ce sujet reste tabou : personne ne parle vraiment de sa fosse septique, alors que c’est un des postes de dépense les plus lourds de l’installation à la campagne.
Maëlle
Installée dans le Finistère depuis 2019, je partage ici les joies (et les galères) d'une vie entre vieilles pierres et potager. Ancien monde, nouvelles racines.


